Introduction
Cet article complète l’article global consacré à la fabrication du salpêtre dans le canton de Veules 1794-1795. Les documents spécifiques aux activités du salpêtre dans la commune de la Chapelle-sur-Dun datent de Juin 1795. Ils rapportent les quantités d’eaux salpêtrées et de cendres fournies à la salpêtrière de Veules et dressent le bilan financier de cette activité qui s’est déroulée du 8 Juin 1794 (20 Prairial an II) au 9 Avril 1795 (20 Germinal an III).
Une seconde partie présente les documents relatifs à l’installation d’une nouvelle municipalité fin Octobre 1794.
Les notices biographiques des personnes citées sont rassemblées par ordre alphabétique dans la dernière partie.
Activité du salpêtre à la Chapelle-sur-Dun
La production d’eaux salpêtrées et de cendres

Analyse du document
Etat des eaux et cendres salpêtrées de l’atelier de la commune de la Chapelle livrées à celui de Veules chef lieu de canton.
Le premier paragraphe concerne les eaux salpêtrées. Les dates sont, de haut en bas, le 2 Thermidor (20 Juillet), le 1er et 2ème Supplémentaire an 2ème (17-18 Septembre), le 17 Brumaire (7 Novembre), le 6 Frimaire an 3 ème (26 Novembre 1794). En bout de lignes, les quantités en Pots et les degrés (d), mesurés par l’aréomère donnant la teneur en salpêtre, selon les lignes vont de 5 à 7,5. Un Pot vaut 1, 86 litres.
Le second paragraphe concerne les cendres. Les dates sont le 2 Thermidor (20 Juillet), 1er Supplémentaire (17 Septembre), et 17 Brumaire (7 Novembre 1794). En bout de lignes, les quantités en boisseaux. Le total est de 65 boisseaux. Un boisseau vaut 13,69 litres de matières sèches, soit un total d’environ 890 litres de cendres.
Le bilan financier
Ce document présente les dépenses pour les salaires et les versements adressés par le District.

Analyse du document
Etat des frais faits pour les travaux du salpêtre dans la commune de la Chapelle sur Dun depuis le 8 Juin 1794 (20 Prairial an II).
L’agent du salpêtre a été payé du 28 juillet 1794 (10 Thermidor an II) au 9 Avril 1795 (20 Germinal an III). Nous ignorons son identité.
Total 1234 livres, 10 sols
Payé au tonnelier pour travaux de son état, 40 livres. Rappelons que les cuviers servant au lessivage des terres salpêtrées sont fabriqués en « divisant par la scie chaque tonneau en deux parties qui deviennent par là deux cuviers au moyen d’une bonde ou d’un trou que l’on fait au bas ».1
Reçu du District en 3 fois : 824 livres. Cette somme correspond à l’avance financière délivrée par le receveur du District pour favoriser la mobilisation des communes à la fabrication du salpêtre.
Reste dû : 410 livres et 10 sols.
La lettre de synthèse
La lettre de synthèse le 12 Juin 1795 (24 Prairial an III) complète l’envoi des comptes aux autorités du District.

Analyse du document
« Citoyens, Nous nous sommes conformés à votre lettre du 16 (Prairial = 4 Juin 1795) en faisant dresser les états dont vous trouverez les doubles ci-joints des dépenses faites pour les travaux du salpêtre et des eaux et cendres salpêtrées livrées à l’atelier de Veules, le tout établi par les quittances et reçus également joints. Nous faisons remettre les autres doubles à la municipalité de Veules ainsi que vous nous le prescrivez pour la confection du compte général du canton. Nous ne connaissons personne dans notre commune qui se propose de faire ce genre de travail. Il ne reste plus des objets fournis par notre commune à l’atelier de Veules que deux cuves appartenant à deux de nos concitoyens les citoyens Imbleval et Vattement. Nous n’avons point fait porter de bois. Il résulte du compte des dépenses que nous sommes en avance d’une somme de 410 livres et 10 sols dont nous vous prions d’ordonner le remboursement ».
« Nous ne connaissons personne » est une réponse aux autorités. En effet, le décret relatif aux salpêtriers du 6 Avril 1795 (17 Germinal an III), mettant fin à ce plan national de fabrication du salpêtre par les communes, définit les conditions requises pour les citoyens qui voudraient s’installer en qualité de salpêtriers commissionnés. A notre connaissance, aucun citoyen du canton de Veules ne s’est porté candidat.
Les deux cuves : voir partie spécifique, cf. infra.
« Nous n’avons point fait porter de bois » se réfère au manque de bois de chauffage pour la chaudière de Veules qui est une des explications aux aléas de son fonctionnement. Le chauffage pour les opérations de la cuite prenait plusieurs heures. Globalement le canton était déficitaire en bois de chauffage, qui manquait par exemple aux corps de garde sur la côte.
Le remboursement attendu tient au mode de financement. Le District avançait des sommes pour les dépenses de fonctionnement, puis faisait le total de la quantité de produits délivrés au chef-lieu de canton, en particulier les eaux salpêtrées en fonction de leur teneur en salpêtre. En fonction de la recette générée par cette production, le remboursement des sommes dues pouvait être effectué.
Les signataires du bilan financier et de la lettre de synthèse
Louis Vattement, procureur, Michel Santais et François Thomas, officiers municipaux, signent à la fois le bilan financier et la lettre de synthèse le 12 Juin 1795 (24 Prairial an III). La signature du maire ne figure pas sur ces documents.

« Nous officiers municipaux de la chapelle sur Dun, certifions le compte d’autre part exact et véritable ce 20 Prairial an 3 ème de la République française une et indivisible ». Les signatures sont Louis Vattement, procureur, Michel Santais, officier, François Thomas officier.
Louis Vattement (1754-1818) fut élu maire du 13 Novembre 1791 au 16 Décembre 1792, remplacé alors par Pierre Tiercin (cf. , infra). En 1793, il possède la cinquième fortune de la commune. En Octobre 1794, il prend le poste d’agent national, dénommé ensuite procureur de la commune comme dans le document ci-dessus. Michel Santais (1740-1815) avait été élu officier municipal le 16 Décembre 1792, et reconduit par nomination fin Octobre 1794, Jean François Thomas (1748-1822) a été nommé officier municipal lors de la réorganisation de fin Octobre 1794, remplaçant Pierre Hamel (1752-1828). (cf. infra, la partie « Municipalité » et les notices biographiques).
La remises des ustensiles de l’atelier du salpêtre de la Chapelle aux propriétaires
Dans certaines communes quelques ustensiles (par exemple, cuviers, corbeilles) avaient été achetés grâce à l’avance financière du District qui voulaient les récupérer pour estimation et revente. Le 8 Juillet 1795 (20 Messidor an III), le maire Jean Leseigneur informe le District « nous avons répondu dans le temps à votre lettre du 16 Prairial (4 Juin). Nous vous avons marqué que tous les ustensiles existant dans l’atelier du salpêtre de notre commune appartenaient à différents particuliers auxquels nous en avons fait la remise ».
Les deux cuves de La Chapelle utilisées à la salpêtrière de Veules
Le fonctionnement de la salpêtrière de Veules reposait sur les ustensiles réquisitionnés auprès des différentes communes, certaines coopérantes comme Angiens ou La Chapelle, d’autres plus rétives, comme Blosseville. A la fin de la fabrication des dernières cuites de la salpêtrière de Veules, donc fin Juin 1795, deux propriétaires de la Chapelle peuvent récupérer leurs cuves. L’un est Louis Vattement déjà présenté, l’autre le citoyen Dimbleval d’ascendance noble.

En 1793, sur le rôle des impôts, Jean Nicolas Firmin D’Imbleval (1757-1801), devenu le citoyen Dimbleval est propriétaire cultivateur, il possède la deuxième fortune de la Chapelle au même niveau que celle de Nicolas Tiercin (cf., infra). Le 21 mars 1797 (1 Germinal an V) lors de l’assemblée primaire du canton, il sera l’un des trois élus2 du canton pour participer, électeur, à l’élection des administrateurs du Département. A l’automne 1800 (début de l’an IX), il sera élu adjoint, le maire étant alors Marin Jean Leseigneur (frère de Jean cf., infra les notices biographiques).
La municipalité de La Chapelle et du canton : 1794-1795
Cette partie présente l’historique des fonctions occupées successivement par les membres de la municipalité dans la période qui encadre l’activité du salpêtre évoquée dans les documents précédents. Plusieurs bouleversements institutionnels justifient de rappeler la terminologie des titres portés par les uns et les autres.
Le conseil général de la commune est élu au suffrage direct par les citoyens actifs (cf par exemple le détail de l’élection de Blosseville en 1790). Il comprend deux parties (i) les officiers municipaux qui sont la partie active et permanente du conseil, (ii) les notables, qui ne délibèrent que sur certaines affaires. Tous les membres du conseil général de la commune sont élus pour 2 ans renouvelables par moitié chaque année. A la tête de la commune, le maire est élu pour 2 ans par tous les citoyens actifs.
Le procureur, élu dans les mêmes conditions est l’avocat d’office des citoyens de la commune. Il représente la commune dans les affaires contentieuses et a la fonction d’accusateur public devant le tribunal de la police municipale. Le procureur a voix consultative dans toutes les délibérations. Sous le gouvernement révolutionnaire (6 Décembre 1793, décret du 14 Frimaire an II), le procureur de la commune devient agent national3. Le décret du 17 Avril 1795 (28 Germinal an III) réorganise l’administration sur ses anciennes bases pendant quatre mois. Raison pour laquelle, Louis Vattement nommé agent national en Octobre 1794 à la suite de Pierre Lanchon, signe selon l’ancienne terminologie » procureur » les documents de Juin 1795 (cf., ci-dessus).
Sous le Directoire, la Constitution de l’an III, le 22 Août 1795 ( 5 Fructidor an III) modifiera les administrations locales. Les petites communes n’ont plus d’administration mais sont regroupées par canton. L’administration municipale de canton réunit, sous l’autorité de son président élu par l’assemblée primaire de canton, l’agent municipal et l’adjoint de chaque commune, lesquels sont élus par l’assemblée communale, soit un total de vingt-six membres pour les treize communes du canton de Veules. En conséquence, l’agent municipal est l’équivalent du maire mais avec moins de pouvoir et sans assemblée communale. Le premier élu agent municipal de La Chapelle sera Jean Leseigneur (cf., infra).
La lettre des élus de la Chapelle au représentant du peuple en mission : 11 Octobre 1794
Jean Sautereau (1741-1809), représentant du peuple (député) de la Nièvre est envoyé en mission en Seine Inférieure et Somme par la Convention le 29 Août 1794. Il est chargé des « épurations thermidoriennes » : il s’agit après la mort de Robespierre et ses amis, de remettre en ordre les différentes administrations, à tous les échelons, du Département aux communes. Sous son autorité, certains élus sont donc démis ou doivent changer de fonction, et d’autres individus sont nommés. Après Rouen, Sautereau fait une tournée de tous les Districts. Il est à Cany le 11 Octobre 1794 (20 Vendémaire an III). Il destitue Vastey, l’agent national du District, remplacé par Jourdain, et procède à la réorganisation des corps constitués. Une lettre adressée par des membres du conseil général de La Chapelle l’attend.
La lettre ci-dessous datée du même jour décrit la situation du conseil général de la commune, y compris l’état de santé de certains de ses membres.

Analyse du document
« Au citoyen Sautereau représentant du Peuple en commission dans le District de Cany département de la Seine Inférieure. Expose le corps municipal de la commune de la Chapelle sur le Dun, District de Cany, qu’il est nécessaire de renouveler les membres de cette municipalité parce que le citoyen Tiercin qui en est le maire est âgé de plus 60 n’a plus l’énergie utile à cette place, que la majeure partie sont des journaliers, que l’autre sont des petits cultivateurs qui ne savent ni lire ni écrire à peine et enfin que l’agent national de cette commune a eu le malheur de perdre un oeil par l’effet d’une maladie qui a affecté l’autre de manière qu’il ne peut continuellement remplir son devoir nonobstant son zèle. Pourquoi citoyen représentant il vous plaira arrêter que cette municipalité sera renouvelée et qu’il sera nécessairement passé à la forme et mode décrété à cet égard. Présenté à Cany le vingt Vendémiaire l’an trois de la République Française une et indivisible ».
Nicolas Tiercin (1734-1795) a été élu maire le 16 Décembre 1792. En 1793, la fortune de Nicolas Tiercin est évaluée à 50 mille livres comparable à celle de Dimbleval. Le texte ci-dessus évoque sa perte d’énergie. Il décède un an plus tard.
L’agent national au problème oculaire est Pierre Lanchon (1738-1805) qui a été élu procureur de la commune le 13 Novembre 1791 puis réélu procureur le 16 Décembre 1792 par tous les citoyens actifs de la commune, procureur devenu agent national depuis le décret du 6 Décembre 1793 (cf., infra ). Lors de la réorganisation de la municipalité fin Octobre 1794 (cf., infra), il cèdera son poste à Louis Vattement pour intègrer le conseil général de la commune en qualité de notable jusqu’à son décès.
Les signataires, Michel Santais (1740-1815), Pierre Hamel (1752-1828), officiers municipaux, Pierre Quesnel (1742-1815), Nicolas Leroux (1741-1813), notables occupent ses fonctions depuis l’élection du 16 Décembre 1792 (voir notices biographiques, cf. infra).
Le conseil général de La Chapelle réorganisé par le représentant du peuple Sautereau
Présentation du document

Analyse Comparative
Ce tableau compare les deux compositions du conseil général de la commune, permettant de voir ceux qui sont restés au même poste, ceux (cf., le code couleur) dont les fonctions ont évolué, et les nouveaux nommés. Les âges sont calculés à partir de l’état civil (cf., les notices biographiques, infra) et diffèrent des âges déclarés du document ci-dessus.

Jean Leseigneur maire puis agent municipal de La Chapelle (1794-1797)
Avec cette nomination d’Octobre 1794, Jean Leseigneur est maire pendant une année. ll est laboureur et possède la quatrième fortune (20 mille livres en 1793) de la commune. La famine est sévère au premier semestre 1795. Le 25 Mai 1795 (6 Prairial an III), un attroupement d’affamés se rend à son domicile. Un procès verbal est déposé au District afin de faire poursuivre les auteurs.
A la suite des modifications de la Constitution de l’an III (cf., supra), Jean Nicolas Auguste Leseigneur est élu agent municipal le 22 Novembre 1795 (1er Frimaire de l’an IV) avec pour adjoint Louis Ridel. Il sera agent municipal de la Chapelle jusqu’à la fin de l’année 1797, Pierre Chaumont puis Dominique Fromager lui succéderont à ce poste.
Lettre de Leseigneur à l’agent national du District le 25 Octobre 1794
Le tableau ci dessus a été transmis le 25 Octobre 1794 à Jourdain le nouvel agent national du District avec une lettre d’accompagnement. Jourdain, trois jours auparavant avait adressé aux communes le tableau à remplir des « noms de ceux que tu jugeras les plus dignes d’occuper les places….tu pourras laisser dans leur place ceux que tu jugeras dignes pour le bonheur du peuple ». Il s’agissait aussi d’écarter ceux qui étaient parents au sein du conseil et de veiller au non cumul avec d’autres fonctions.

« Frère et ami, Je t’envoie ci incluse la liste de ceux que je crois les plus propres et les plus dignes d’occuper les places dans ma municipalité que tu m’annonces devoir être réorganisée. Je ne puis te dire si ils ont fait des dons à la patrie ou aux volontaires ne vivant presque tous que du travail de leurs bras. Ce que je puis t’assurer c’est qu’ils se sont montré jusqu’à présent bons patriotes et que je les regarde comme tels. Salut et Fraternité. Leseigneur ».
Les dons évoqués sont soit des sommes d’argent, soit des prestations à titre gratuit (ex, hébergement), soit le paiement de l’équipement d’un ou plusieurs soldats. Ces informations sont retrouvées sur les tableaux de plusieurs communes lors de « l’épuration » pour justifier la nomination de telle ou telle personne. Jourdain dans sa demande suggérait également « tout ce qui peut inspirer en eux la confiance de leur concitoyens ». En l’occurence, le tableau de La Chapelle est vide de tout appréciation individuelle. Ici Leseigneur se contente de donner une appréciation globale.
Les propos « vivant presque tous du travail de leurs bras » semblent masquer la disparité importante entre les fortunes au sein de cette nouvelle municipalité.
Conclusion
Ces comptes du salpêtre suggèrent une implication sans réticence de la commune de La Chapelle à la mobilisation du salpêtre. Dans le même temps, les autorités locales ont été significativement remaniées. Cette focalisation sur deux thèmes ne doit pas masquer la préoccupation majeure du manque de subsistances, la famine, qui touche la grande majorité de la population. La disparité des fortunes, le manque de subsistances et le pouvoir des cultivateurs sont au centre d’un conflit qui opposera à l’été 1796, Leseigneur riche cultivateur, à la tête de la commune de La Chapelle, et le secrétaire en chef du canton Léopold Georges, lequel habite Blosseville (histoire à suivre…).
Notices biographiques
L’objectif est de présenter les principaux repères biographiques de chacun des personnes citées précédemment dans l’activité du salpêtre ou à titre de membres de la municipalité de la Chapelle-sur-Dun à la même époque. La validation des identités repose sur la comparaison entre la signature apposée sur les documents administratifs et celles figurant sur les actes de l’état civil. L’intérêt en soulignant les patronymes et les lieux est d’illustrer les liens entre les familles dans un petit périmètre le plus souvent celui du canton. Des apparentés sont également présents au sein de plusieurs municipalités. Les métiers peuvent varier au long de la vie, celui de cultivateur pouvant être une activité principale ou associée. La liste est établie selon l’ordre alphabétique du patronyme.
Jean Marie Jacques Bellet (1761-1843)
Jean Marie Jacques Bellet est né à Sotteville-sur-mer le 1er mai 1761 de Jacques et Marie Anne Dujardin. En juin 1799, sa mère décède et en Novembre sa soeur ainée Marie Anne, épouse Nicolas Berville à Crasville la Roquefort. Le 28 Septembre 1790, il est boucher à Sotteville comme son père, lorsqu’il épouse à Longueil Marie Anne Levasseur fille de Sulpice et Anne Guyant. Il s’installent à La Chapelle-sur-Dun. Il est boucher sur les actes de naissance de Marie Henriette en 1791 et Catherine Sophie en 1793. Il est marchand à la naissance de Marie Marguerite Aimée Perpétue en Mai 1795, marchand boucher à celle de Jean Jacques en Mai 1797. Il quitte La Chapelle pour retourner sur les terres de son épouse. Il décède le 11 Avril 1843 à Longueil. Un an plus tard, son épouse en Novembre et leur fille Marie Marguerite en Décembre décèdent à leur tour4.
Jean Nicolas Firmin Dimbleval (1757-1801)
Jean Nicolas Firmin Dimbleval (D’Imbleval) naît à Bacqueville-en-caux le 26 Septembre 1757 fils de messire Louis François Rollequin D’Imbleval, écuyer, sieur de la Fresnaye et des Essarts ancien garde du corps du Roi et capitaine de cavalerie et de noble dame Geneviève Paintebaut. Le 16 Octobre 1780, il est garde du corps du Roi lorsqu’il épouse à La Chapelle Adélaïde fille mineure de Messire Jean Baptiste Nicolas d’Eu de Breteuil sur Dun et de noble dame Marie Françoise Guillaume de La Chapelle. Il décède à la Chapelle le 9 Décembre 1801 (18 Frimaire an X). Sa veuve quittera La Chapelle après 1823 et décèdera à Vernon en 1841 au domicile de leur fille Adélaïde Henriette, épouse Duhecquet. Un fils Jean Baptiste Louis Amédée (1783-1855) sera maire de Longueville-sur-scie entre 1830 et 1852.
Pierre Hamel (1752-1828)
Pierre Hamel naît le 1er Février 1752 à Varengeville-sur-Mer fils de Jacques et de Catherine Quentin, qui décède deux mois plus tard. Il est maçon quand il épouse à Varengeville Catherine Leroux le 24 Août 1782. Naissent trois enfants à Varengeville : Françoise Catherine Louise, le 10 mai 1783 qui décède trois mois plus tard, Pierre Jacques Nicolas en 1785 et Catherine Françoise Rosalie en 1788. En 1792, Pierre Hamel est élu officier municipal de la Chapelle. Son père décède en 1801. Son épouse, fileuse âgée de 49 ans, décède le 1er Avril 1805, puis sa fille Catherine en Juin 1807. Il épouse le 27 Mai 1808 Marie Anne Lethuillier née à Sotteville-sur-Mer, domiciliée à Saint Pierre le Vieux, veuve d’Irénée Auzou. Il décède à St-Pierre-le-Vieux le 18 Janvier 1828.
Pierre Lanchon (1738-1805)
La vie de Pierre Lanchon se déroule à La Chapelle-sur-Dun. Il y est né le 2 Août 1738, fils de Pierre et Catherine Morel. Le 14 Novembre 1775, il est tisserand lorsqu’il épouse Marie Angélique Tillaux originaire de Saint-Pierre-le-Vieux. Au rôle de l’impôt mobilier de 1793, il est cultivateur avec une fortune estimée à 4000 livres, se situant au niveau inférieur du tiers des habitants les plus taxés. Il décède le 28 Septembre 1805 (6 Vendémaire an XIV), quatre ans après son épouse. L’acte mentionne qu’il est « cultivateur et membre du conseil municipal ». Il est signé des deux fils Pierre Guillaume Rémy et Jean Guillaume tous deux cultivateurs à La Chapelle.
Nicolas Leroux (1741-1813)
Nicolas Leroux est né le 8 Décembre 1741 à Gruchet-le-Valasse de Laurent et Anne Boitout mariés six ans plus tôt à Bourville. Quand sa mère décède le 29 novembre 1778, comme son père « maître Laurent Leroux », il est laboureur à Iclon. Il y épouse le 26 Novembre 1782 Marie-Madeleine Blin fileuse. Leur fils ainé Nicolas Laurent né le 4 Avril 1785 décède à l’âge de six mois. Charles Nicolas naît le 11 Juillet 1790. Nicolas Leroux est toujours laboureur à Iclon lorsqu’il signe l’acte de décès de son père à Venestanville le 15 Octobre 1790, son frère Laurent étant laboureur à Ecaquelon, hameau de Rainfreville. Le 12 Décembre 1792, il est élu « notable » du conseil général de La Chapelle jusqu’à la réorganisation d’Octobre 1794. Il décède à La Chapelle le 11 février 1813, sa veuve le 8 Juin 1814 à Iclon, son frère Laurent le 22 Avril 1816 à Vénestanville.
Jean Nicolas Auguste Leseigneur (1753-1828)
Jean Nicolas Auguste Leseigneur est né à La Chapelle le 17 Juillet 1753, fils de Marin laboureur et de Jeanne Cappon. Quand il épouse le 8 Février 1790, Marie Lechevallier à Sausseuzemare (canton de Goderville), il est laboureur marchand. De 1790 à 1806 naissent neuf enfants. Sa mère décède le 28 Janvier 1801 (8 Pluviôse an IX), son épouse Marie Anne le 29 mars 1820. Son frère Marin Jean (1738-1824), maire de La Chapelle de septembre 1800 à mars 1813, décède le 9 juillet 1824 puis sa fille Victoire Joséphine âgée de trente-trois ans le 11 Juin 1826. Jean Nicolas Auguste Leseigneur décède le 13 Juillet 1828. Sur l’acte, signé par ses deux fils Jules César et Louis Napoléon tous deux cultivateurs à La Chapelle, il est écrit « cultivateur et propriétaire ».
Pierre Quesnel (1742-1815)
Pierre Quesnel est né le 20 Mars 1742 à Saint-Pierre- le-Vieux fils de Jean, tisserand et de Marie Quévremont. Il est tisserand lorsqu’il épouse Anne Jumel le 24 Février 1767 à Sotteville-sur-Mer. Leur premier fils Pierre naît à Saint Pierre le Vieux le 31 Décembre 1767 puis la famille déménage à La Chapelle. Il est toilier le 7 Août 1769 à la naissance de Marie Angélique, tisserand à celles de Jacques Léon en Avril 1772 et de Madeleine Julie en juillet 1774, journalier à la naissance de Jean-Baptiste le 12 Septembre 1777, puis tisserand aux décès de Pierre âgé de 14 ans et de Marie Angélique en Avril et Octobre 1781. Il est toilier en signant l’acte du mariage à La Chapelle de son fils Jacques Léon avec Rose Morel le 23 Avril 1793. Il est cultivateur au mariage de sa fille Madeleine Julie le 19 Avril 1796. Son épouse Anne décède le 24 Avril 1803. Il décède à La Chapelle le 26 Août 1815, l’acte est signé de son gendre Nicolas Justin Créant époux de Madeleine Julie et de son fils Jacques Léon, tous deux cultivateurs à La Chapelle.
Michel Santais (1740-1815)
Michel Santais naît à La Chapelle le 15 Novembre 1740, fils de Michel, tailleur et Madeleine Quesnel. Il est tisserand le 26 Novembre quand il épouse Catherine Gallier, de St-Aubin-sur-Mer laquelle décède le16 Octobre 1775. Il est laboureur le 15 mai 1777 lors de son mariage avec une capellaise Rose Boitout. Il décède le 20 Octobre 1815, ses deux fils, toiliers, signent l’acte, François Guillaume à la Chapelle et Michel François Nicolas domicilié au hameau de St-Pierre-le-Vieux enclos de la Chapelle.
Jean François Thomas (1748-1822)
Jean François Thomas est né le 16 juillet 1748 à St-Pierre-le-Vieux fils de Jean, domestique et de Marie Renaut. Le 18 Juin 1776, il est domestique à La Chapelle et signe Jean François quand il y épouse Anne Lérondel demeurant à Blosseville où elle est née le 12 Mars 1747. En 1781, à la naissance de leur fils Etienne, il est tisserand, elle fileuse. En 1791, à la naissance de Rosalie, il est laboureur et se prénomme Jean. Son épouse décède le 28 mai 1793. L’acte le décrit « employé dans sa maison », sa signature « Franccois Thomas » est identique à celle portée sur les documents présentés (cf., supra). En 1808 au mariage d’Etienne avec Marie Catherine Delaporte, il est toilier. Il décède le 27 Janvier 1822 à La Chapelle au domicile de ses deux filles Catherine et Rosalie, l’acte est signé de ses fils, Jean François, journalier à la Chapelle, et Etienne, charpentier à St-Pierre-le-Vieux.
Nicolas Tiercin (1734-1795)
Nicolas Tiercin est né le 29 Décembre 1734 à Biville la Baignarde fils ainé de Nicolas et de Marie Françoise Ridel. Son père décède en 1742, fermier au Mesnil-Rury (Le Torp-Mesnil). Il est laboureur à La-Chapelle-sur-Dun quand il épouse le 25 Juillet 1769 à St-Nicolas-d’-Aliermont Marie Jeanne Guérout, laboureuse. Sa mère décède à la Chapelle le 2 Juin 1789. Il décède cultivateur à la Chapelle-sur -Dun le 3 octobre 1795 (11 Vendémiaire an IV). Sa veuve décède vingt ans plus tard, le 18 Juin 1815 à St-Nicolas-d-Aliermont.
Louis Adrien Vattement (1754-1818)
Louis Adrien Vattement est né à Veules le 1er Octobre 1754 de Guillaume et Marie Madeleine (Le) Vaillant. Le père laboureur déclare également la profession de mareyeur. Son frère ainé est Guillaume Nicolas né en 1742. Leur mère décède en 1771. Louis, épouse le 28 Novembre 1780 à Veules (St Nicolas) Marie Rose Louise Ridel née à Saint Pierre le Vieux, habitant Blosseville, fille de Romain et Marie Anne Tillaux. Louis Adrien Vattement est alors laboureur à Veules (paroisse St Martin) comme son frère Guillaume à Blosseville. Naissent quatre enfants à Veules dont Louis Augustin en décembre 1788. La famille déménage pour La Chapelle à partir de 1789. Le 14 Décembre 1796 (24 Frimaire an III), Marie Catherine Rose âgée de dix ans décède puis Augustin leur fils de 14 mois le 27 juillet 1797 (9 Thermidor an V). Le 6 Février 1798, Louis habite toujours La Chapelle lorsqu’il signe son passeport révolutionnaire « se rendant à Rouen, St Valery, Le Havre. Il mesure 5 pieds, 6 pouces (1,78m) a les cheveux et sourcils châtain, les yeux bleus, le nez long, la bouche moyenne, le menton rond, le front rond et le visage ovale ». En 1802, son nouveau lieu de résidence est Iclon lorsqu’il signe l’acte de décès de son frère Guillaume à Autigny. Il décède à Iclon le 1er Août 1818, déclaré « vivant de ses revenus ». Sa veuve Marie Rose décèdera en 1846 à Veules âgée de 81 ans et 10 mois !
- Instruction pour la fabrication du salpêtre : in le Moniteur Universel N°76 du 16 Frimaire an II et Archives parlementaires Tome LXXX du 4 au 15 Frimaire an II (24 novembre au 5 Décembre 1793), p.620-622 mis en ligne par Persée. ↩︎
- Les deux autres étant Lesueur de St-Aubin-sur-Mer et Arnois de Captot de Blosseville. ↩︎
- Au niveau du District, le procureur syndic devient agent national du District. ↩︎
- Plusieurs arguments suggèrent qu’il est le notable intégrant la nouvelle municipalité après Octobre 1794. Manque toutefois, la preuve nécessaire à sa validation, à savoir sa signature d’un document administratif contemporain qui puisse être comparé aux documents nombreux de l’état civil. ↩︎
